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1964, un petit village de Galilée sous le gouvernement militaire. En 1948, plusieurs de ses habitants ont été tués ou obligés de fuir, laissant derrière eux de nombreux parents. Mabrouk dont le père et la mère furent tués tout près de la frontière libanaise trouve refuge dans le village. Il grandit, vivant de charité et constamment en quête d’affection. Il est "l’idiot du village".
Mabrouk aime en secret Jamila, une jeune fille traumatisée par les horreurs qu’elle a vécu. Jamila l’aime aussi, mais leur place dans la société ne leur permet pas de vivre leur amour au grand jour.
Le village vit sous la férule de Mukhtar, plus occupé à servir les intérêts du gouverneur militaire que ceux de ses concitoyens. Les temps sont durs, certains villageois sont amers et la malveillance s’installe, alors que d’autres sont las des luttes de pouvoir.
Mahmoud, personnage marginal qui ose tenir tête au Mukhtar, est une des rares personnes qui aime sincèrement Mabrouk. Quand Mohamed, le fils de Mukhtar, est tué, Mahmoud est accusé du crime et est obligé de fuir afin d’échapper à la vengeance.
Sous ce titre poétique sont présentées trois histoires qui ont pour thème la rencontre dramatique entre deux cultures, deux peuples, deux traditions, différents. Cette trilogie de l’approche entre Est et Ouest , entre des bédouins et des israéliens montre comment la culture occidentale a étendu son territoire.
La première récit "Point Noir" dévoile comment deux israéliens monnayent la mort d’un enfant dont ils sont coupables avec les parents bédouins. Le second "Là-bas n’est pas ici" montre la décision d’une jeune femme , mariée à un membre d’une tribu du désert fuyant avec ses enfants un époux devenu trop autoritaire, trop directif. Le troisième "Toits rouges" raconte l’union adultérine d’un israélien avec une femme bédouine battue par son mari et comment celle ci se résout par des tueries.
Ce film interprété par des acteurs amateurs, juifs et musulmans, relate lui aussi une opposition : entre une civilisation occidentale agressive et celle d'une tribu de Bédouins dans le désert. " Mon film aborde le colonialisme et met en évidence les causes du conflit actuel ", explique Danny Verete. Pourtant, selon lui, " il s'agit d'un film social, pas politique ". Asphalte jaune, qui a remporté plusieurs prix dans des festivals, a en revanche été accueilli fraîchement en Israël. " Dans le film, les Bédouins portent un keffieh, raconte Danny Verete, et cette coiffure symbolise Yasser Arafat aux yeux de nombreux spectateurs, qui ne l'ont pas accepté. "
Asphalte jaune a été tourné dans le désert de Judée avec des acteurs locaux et la participation de la tribu Nahalin.