Film documentaire de 52 minutes
écrit par Yves Touati
réalisé par Emmanuel Chouraqui
Après une brève plongée dans l’histoire de la musique monastique de la région et de ses colorations, nous visiterons plus en détail quatre communautés installées à Jérusalem ou dans ses environs.
Trois d’entre elles font partie de l’histoire ancienne puisqu’elles remontent aux premiers siècles du christianisme :
"Mon idée de départ était que les chants monastiques orientaux, dont certains remontent au troisième siècle, portaient en eux des éléments de la musique du Temple de Jérusalem. Comment? A travers ceux qu'on appelle, à tort d'ailleurs, les Judéo-Chrétiens. Il s'agit en fait des juifs qui ont cru et suivi le messianisme de Jésus mais sans se détacher pour autant de la communauté juive. C'est cette dernière qui les mit hors la loi, à l'aube du 2ème siècle, soit près de 70 ans après la mort du Christ !
Au cours des siècles suivants, ils vont trouver refuge dans les premières communautés chrétiennes orientales, essentiellement celle des syriaques qui jusqu'à nos jours utilise l'araméen comme langue liturgique. Ont-ils gardé une partie de la musique du Temple de Jérusalem et ainsi influencé les premières liturgies chrétiennes? Telle était mon impression après quelques années de recherche. Pour essayer d'étayer cette théorie, j'ai cherché, avec l'aide d'un ordinateur, quels étaient les points communs à toutes les liturgies chrétiennes de l'Orient, celles qui s'étaient développées dans la région où vécut le Christ. Première constatation, toutes ces musiques utilisent une gamme de 22 notes… 22, c’est aussi le nombre exact des lettres qui composent l’alphabet hébraïque et sûrement pas une coïncidence. 22 notes, cela signifie aussi que le plus petit intervalle est d’un quart de ton, alors que dans la musique occidentale, il est d’un demi ton…Le deuxième point commun des liturgies chrétiennes orientales est la « bi-phonie », c’est à dire qu’on peut chanter jusqu’à deux notes différentes en même temps.
La polyphonie, soit trois notes différentes chantées simultanément, n’apparaîtra que bien plus tard et en Europe cette fois, avec la polyphonie flamande dans la deuxième moitié du 12ème siècle…"